Pauvreté au Cambodge

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Pauvreté au Cambodge

Message par Chantal le Ven 27 Fév - 23:38

Dans certains villages déshérités du Cambodge, des lopins de terre sont attribués par "loterie"
LE MONDE | 27.02.09 | 14h41 • Mis à jour le 27.02.09 | 20h50

PHNOM PENH ENVOYÉ SPÉCIAL

C'est l'aube dans ce village cambodgien de la province de Kompong Cham, à l'est de Phnom Penh. Alentour, les rizières sont désertes, seuls les enfants virevoltent malgré l'heure matinale. Les mères de famille ont entrepris la lessive annuelle. Mais tous ont les yeux fixés sur les chefs de famille, rassemblés sous le préau communal autour d'un tableau du cadastre indiquant les parcelles de terrain qui vont être tirées au sort.
Solennellement, un fonctionnaire portant mégaphone annonce un numéro, sorti d'une boîte, à l'aveugle. Chacun, assis en tailleur sur sa paillasse, regarde une nouvelle fois le numéro qui lui a été attribué et qu'il sait pourtant par coeur. Le nom du "gagnant" est enfin annoncé.

"PAUVRES ABSOLUS"
Cette étrange loterie est en fait la mise en place du programme Lased, acronyme anglais pour Allocation de terre au développement économique et social. Avec le concours de la Banque mondiale et des services gouvernementaux allemands de coopération (GTZ), l'administration cambodgienne distribue aux foyers éligibles un terrain incessible pendant cinq ans. A charge pour les bénéficiaires d'y construire un logement et d'en tirer revenu. Dans un premier temps, plus de huit mille familles vont bénéficier du programme.
Bien sûr, tout cela ne pèse pas lourd par rapport à tous ces paysans sans terre que la Banque mondiale estimait à un demi-million en 2007, mais c'est un début.
Le problème de la propriété foncière pour les paysans est ancien, mais il est devenu une question explosive au Cambodge. C'est sur cette revendication que, dans les années 1960, les futurs Khmers rouges recrutèrent leurs partisans dans l'insurrection communiste qui contribua à la perte du régime neutraliste de Norodom Sihanouk et déboucha sur le génocide de 1975-1979. Aussi, la publicité donnée par les médias d'Etat aux initiatives en cours pour attribuer des terrains aux familles défavorisées n'est-elle pas innocente. Le gouvernement de Hun Sen se soucie de vous, disent-ils en substance.
La redistribution en propriété privée de la terre, après le régime de Pol Pot, s'était faite dans la confusion générale, due à la disparition de l'administration et des archives. Mais aussi en raison de la réinstallation progressive de dizaines de milliers de rapatriés des camps de réfugiés de la périphérie, et d'une appropriation souvent abusive de terrains par les puissants du moment. "Alors que la plus grande partie des paysans avaient un lopin à eux voici une vingtaine d'années, il y a, aujourd'hui, environ 20 % de pauvres absolus qui n'ont rien du tout", souligne-t-on à la Banque mondiale.
Nombre de ces défavorisés ont dû vendre leur terrain - parfois illégalement - pour faire face à une urgence ; souvent, les soins coûteux entraînés par le handicap d'un membre de la famille blessé dans l'explosion d'une mine dans un champ. Jusqu'à une date récente, un millier de Cambodgiens, chaque année, perdaient un membre, ou la vie, dans l'explosion d'un engin laissé sur le terrain par trente années d'insurrection et de guerre. Parfois, c'est l'unique buffle de trait qui saute sur une mine, il faut alors vendre le lopin familial faute de pouvoir l'exploiter et s'engager comme travailleur agricole saisonnier. Spirale de l'appauvrissement que dénonçaient à la fin des années 1950 les pionniers du futur mouvement khmer rouge, de formation marxiste parisienne.

Le Lased est réservé aux foyers au revenu inférieur à 0,50 dollar par jour et par tête. Instauré dès 2003, il porte sur les terres de propriété publique que les administrations locales sont tenues de céder en "terrains sociaux". Dans les régions, l'application de ces directives n'a pas été uniforme. Neuf des vingt provinces sont passées aux actes. Cinq autres tergiversent encore, et l'une - Prey Veng, près du Vietnam, très peuplée - a fait savoir qu'elle ne disposait d'aucune terre libre.
La démographie galopante n'a pas aidé. La population a plus que doublé sur certaines parcelles qui peinaient déjà à nourrir ceux qui les travaillaient il y a vingt ans. Les terres en friche sont nombreuses, mais la volonté politique de les mettre en valeur est loin d'atteindre les besoins. Par contraste, on estime que moins de 1 % de la population aurait pris le contrôle de 20 % à 30 % de la terre dans la privatisation qui a accompagné la fin de la guerre contre les Khmers rouges, à partir de 1991.

Or les mouvements de protestation de paysans spoliés, appuyés par des organisations de défense des droits de l'homme étrangères ou nationales, deviennent fréquents. Et, phénomène récent, ils considèrent la justice comme un recours possible. Les plaintes n'aboutissent pas souvent, mais leur nombre croissant a conduit le premier ministre, Hun Sen, à menacer de dissolution l'Autorité de résolution des différends fonciers "pour absence de résultats".

Francis Deron

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Re: Pauvreté au Cambodge

Message par Chantal le Sam 28 Fév - 0:08

Le budget de Barack Obama.

New York Correspondant
Le président Barack Obama table sur une récession brève, pronostic contesté par nombre d'économistes

BarackObama a transmis au Congrès, jeudi 26 février, un projet de budget de 3 552 milliards de dollars (2 791 milliards d'euros) pour l'année fiscale 2010 (qui commencera en octobre 2009). Pour 2009, le déficit atteint 1 752 milliards. Cela représente 12,3 % du PIB américain.
L'Amérique est en guerre : son nouvel ennemi se nomme récession et menace de dépression. Et comme dans toute guerre, l'Etat et ses forces se retrouvent en première ligne. Un signe ne trompe pas : il faut remonter à 1942 et à la seconde guerre mondiale pour trouver un ratio déficit budgétaire/PIB aussi élevé.
On assiste donc à un impressionnant " tournant " - le terme revient dans tous les commentaires, favorables ou hostiles. La Maison Blanche le justifie par deux raisons : l'urgence et les nécessités de " transparence " et de " rupture avec un passé trouble ", a dit le président. Lorsqu'il s'exprimait, on venait d'apprendre que les inscriptions au chômage augmentaient à un rythme supérieur aux prévisions pourtant déjà alarmistes, et que General Motors, le constructeur automobile, avait bouclé l'année 2008 avec 30,8 milliards de dollars de pertes. Dans son allocution de présentation d'un budget intitulé " Une nouvelle ère de responsabilité ", M. Obama a donc justifié l'énorme déficit - qui perdurerait jusqu'en 2011 - et les principales modifications apportées aux précédents équilibres.

La transparence : M. Obama s'est offusqué du fait que, sous George Bush, le déficit formel procédait d'une " comptabilité malhonnête ". Lundi, il avait joint le pouce et l'index pour former un " zéro " : son prédécesseur faisait voter le coût des guerres américaines hors budget. L'administration démocrate l'a inscrit dans son budget, tout comme d'autres dépenses jamais budgétées (telle l'aide fédérale aux catastrophes naturelles).

Divisé en deux parties - " Un héritage de priorités erronées " et " Relancer l'économie et investir dans le futur " -, le préambule du budget place au coeur de son action " ceux qui travaillent dur ". Il s'appuie sur des travaux d'économistes - parmi lesquels les Français Thomas Piketty et Emmanuel Saez - qui, depuis longtemps, s'alarment des disparités croissantes de revenus aux Etats-Unis et de la précarisation de l'emploi. Tableaux à l'appui, l'équipe démocrate rappelle que, depuis les années 1980, la part du 1 % des Américains les plus fortunés est passée de 10 % à 23 % de la richesse nationale. " Il n'y a rien de mal à gagner de l'argent, a déclaré M. Obama, mais quelque chose ne va pas - lorsqu'il bénéficie - à si peu de personnes. "

QUATRE SECTEURS PRIORITAIRES

Les données du budget sont systématiquement accompagnées des ressources allouées par la loi de relance économique récemment votée par le Congrès, qui courent sur 2009 et 2010.
Ses priorités sont sans ambiguïté : l'éducation, la santé, les transports et l'énergie sont dotés de moyens très supérieurs à ceux dont ils disposaient. Dans une moindre mesure, le logement, les anciens combattants, les sciences et la technologie (NASA incluse) sont également gâtés. Le budget provisionne aussi 250 milliards en plus des 700 milliards déjà votés pour le sauvetage du système bancaire. La principale victime du " dépoussiérage " des dépenses inutiles est la défense.
Comme annoncé, les revenus supérieurs à 250 000 dollars par couple (200 000 pour un individu) verront leur imposition augmenter. Mais la somme récoltée sera loin de combler l'effondrement de la recette sur l'impôt sur le revenu - crise et chômage obligent - dont le retour à niveau n'est pas prévu avant 2011.
Les entreprises devront aussi participer à l'effort. Elles bénéficieront de réductions d'impôts pour les embauches mais la Maison Blanche entend récolter 210 milliards sur dix ans en taxant lourdement celles qui " délocalisent " leurs bénéfices pour se soustraire à l'impôt. Fonds spéculatifs (hedge funds) et compagnies pétrolières sont visés par des mesures fiscales spécifiques.
" Socialisme ", " retour à la lutte des classes ", ont clamé des élus républicains. Les sondages indiquent que leur discours ne prend pas. Mais demain ? Nombreux sont ceux qui émettent des doutes sur la capacité de la Maison Blanche à réduire le déficit de plus des deux tiers en trois ans. L'objectif de Barack Obama se fonde sur un retour à une croissance de 3,2 % dès 2010, que beaucoup d'économistes jugent très optimiste. Le représentant républicain Darrell Issa (Californie) exprime une inquiétude répandue : dès 2010, M. Obama devra augmenter l'imposition d'une majorité des contribuables.
Plusieurs chapitres du budget sont promis à de vigoureux débats au Congrès : ainsi la réduction drastique de certaines subventions au secteur agricole, ou encore les fonds dégagés pour instaurer un système national de " bons d'échange " d'émissions de CO2, qui heurte beaucoup d'élus, démocrates inclus. Enfin, les lobbies de la pharmacie et de l'assurance se mobilisent pour " torpiller " le plan santé.
Mais même des commentateurs conservateurs, qui dénoncent une " socialisation " de la santé, admettent que, pour la première fois, un président dispose de la confiance de l'opinion et des moyens pour mettre en place une couverture médicale universelle. Un fond de réserve de 634 milliards de dollars est prévu à cet effet. La bataille ne fait que commencer.

Sylvain Cypel

© Le Monde

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